Présentation des actions mises en œuvre par le Département pour les circuits courts

Dans le cadre des Commissions qui se déroulent au cours de la Décision Modificative N° 1 (DM1), Bruno BELIN, Président du Département, Jean-Olivier GEOFFROY, Vice-président chargé de l’Agriculture et de la Ruralité, Benoît PRINCAY, Rapporteur de la Commission Agriculture, chargé du développement des circuits courts, et Alain PICHON, Président de la Commission Environnement, ont présentés les actions mises en œuvre par le Département pour le développement des circuits courts dès l’automne 2016 :

« Le Département souhaite valoriser la production agricole locale dans la restauration collective. Son objectif est double : répondre à la demande sociétale de consommation de produits locaux et de qualité, et créer de la valeur ajoutée économique pour la ferme Vienne, dans un contexte de crise agricole » a expliqué Bruno BELIN.

Pour cela, le Conseil départemental souhaite participer à la construction d’une dynamique de territoires de développement des circuits agricoles courts, selon les principes suivants :

  • être exemplaire dans la restauration des collèges, domaine dont il a la compétence ;
  • inciter les autres acteurs locaux, en particulier ceux avec lesquels il a des partenariats privilégiés, notamment dans le secteur social ;
  • et accompagner la profession agricole dans la structuration de l’offre en produits bruts et transformés pour lui permettre de répondre à une demande croissante de la restauration collective.

Le Département est concerné à trois niveaux :

  • la restauration dans les collèges (2 millions de repas par an) : la compétence de restauration des collèges a été transférée au Département en 2005. Les collèges ont continué d’assurer directement la gestion de leur service de restauration, selon les modalités définies par la collectivité. Afin de maîtriser les coûts, les collèges ont, en majorité, adhéré à l’IGAP (Inter Groupement d’Achat de l’académie de Poitiers) ;
  • la restauration administrative (80 000 repas par an) : assurée par un prestataire qui déclare une part locale très positive en 2015 puisque 70 % des produits sont de provenance française et 45 % des produits d’origine régionale (Poitou-Charentes) ;
  • et la restauration dans les établissements médicaux-sociaux : les établissements sociaux sont autonomes. Les 18 EHPAD, 30 établissements pour personnes handicapées et 2 établissements pour l’enfance sont financés par le Département.

La démarche est la suivante :

  • faire un état des lieux des commandes des collèges et des engagements de commandes groupées ;
  • étudier les solutions envisageables pour augmenter la part de produits locaux et bio dans les assiettes des collégiens ;
  • créer un lien entre l’offre et la demande alimentaire du département de la Vienne.

Afin d’obtenir un état des lieux de la provenance des denrées alimentaires des collèges, une étude détaillée des factures de quatre établissements sur l’année 2014 a été réalisée. Elle a révélé que :

  • les produits d’origine internationale sont principalement le poisson, les fruits et les légumes ;
  • les fruits et légumes ont des origines diverses puisque la saisonnalité est peu observée ;
  • les produits carnés sont majoritairement des produits d’origine française ;
  • le pain est exclusivement acheté à un niveau départemental (voire communal).

En outre :

  • environ 50% des denrées proviennent de France ;
  • environ 15% des denrées proviennent du territoire Poitou-Charentes, notamment la viande, les fruits et légumes et les produits laitiers ;
  • moins de 1% des denrées est issu de l’agriculture biologique.

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« Afin de développer le recours aux produits locaux, les départements de la Drôme et du Puy-de-Dôme, ont créé une association et développé une plate-forme informatique simple et directe entre fournisseurs locaux et acheteurs publics qui s’appelle Agrilocal » a précisé Benoît PRINCAY. »La mise en place du service Agrilocal sur le territoire de la Vienne nécessite l’adhésion du Département à l’association Agrilocal. Le service est ensuite proposé gratuitement aux fournisseurs et acheteurs par la collectivité. »

« Le principe est simple : les acheteurs lancent leurs consultations de produits alimentaires sur la plate-forme et les producteurs intéressés peuvent répondre en ligne. Les producteurs peuvent également proposer directement aux acheteurs leurs produits » a complété Jean-Olivier GEOFFROY.

Avec Agrilocal, fournisseurs et acheteurs sont géo-référencés dans une base de données exhaustive, pour permettre un approvisionnement de proximité, qu’il s’agisse de produits biologiques ou non. Chaque producteur dispose également d’une page personnelle pour présenter son entreprise et mettre en valeur ses produits.

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En ce qui concerne les modalités de mise en œuvre, le calendrier de déploiement du dispositif est le suivant :

  • Le 24 juin: vote de l’adhésion du Département à l’association Agrilocal ;
  • De juillet à décembre 2016 : paramétrage et mise en place de la plateforme informatique. En parallèle, organisation de réunions d’informations auprès des acheteurs ;
  • À partir du 1er janvier 2017 : déploiement progressif du dispositif dans les établissements du département gérant une restauration hors domicile.

 

« La mise en œuvre de ce dispositif implique une animation et un accompagnement technique des personnels des collèges (cuisiniers, adjoints-gestionnaires…) et des producteurs-fournisseurs« . a ajouté Alain PICHON.

Une attention particulière sera portée à l’écoute du personnel pour identifier les freins devant être levés et construire avec eux des solutions adaptées (simplicité des procédures d’achat, fiabilité et quantité des produits livrés, prix des denrées, gestion d’éventuelles étapes supplémentaires de lavage et de préparation des produits etc.).

En ce qui concerne la mise en œuvre de l’approvisionnement en produits locaux dans les collèges publics, il est proposé, dans un premier temps, d’accompagner huit collèges pilotes afin qu’ils commandent leurs denrées auprès des producteurs locaux via la plateforme Agrilocal : le collège Romain Rolland de Charroux (environ 157 repas par jour), le collège George Sand de Châtellerault (environ 263 repas par jour), le collège Saint-Exupéry de Jaunay-Clan (environ 686 repas par jour), le collège Jean Monnet de Lusignan (environ 478 repas par jour), le collège Georges David de Mirebeau (environ 375 repas par jour), le collège François Rabelais de Poitiers (environ 510 repas par jour), le collège Isaac de Razilly de Saint-Jean de Sauves (environ 178 repas par jour), et le collège Frédéric et Irène Joliot Curie de Vivonne (environ 525 repas par jour).

En ce qui concerne les modalités d’accompagnement, « l’animation du dispositif est un investissement nécessaire à son développement et à sa pérennisation. Le Département souhaite ainsi déployer les moyens humains nécessaires pour le pilotage du projet, la mise en œuvre opérationnelle dans les collèges, et l’animation de la dynamique des territoires » a confirmé Benoît PRINCAY. Il est précisé qu’en revanche, les moyens nécessaires pour structurer l’offre agricole relèvent de la volonté et des possibilités de la profession agricole, soutenue en cela par la Chambre d’Agriculture de la Vienne.

De plus, Le Département souhaite accueillir des personnes en service civique pour réaliser les animations pédagogiques dans les collèges. Ces animations seront construites en complémentarité avec celles réalisées par les deux Centres Permanents d’Initiatives en Environnement dans le cadre de l’ancien projet « repas citoyens », dont la convention s’achève en juin 2017 a conclu Jean-Olivier GEOFFROY.

La deuxième partie de la Commission de l’Agriculture et de la Ruralité a été consacrée à la présentation très intéressante de l’évolution des pratiques agricoles, et plus particulièrement à l’évolution de l’utilisation des produits de protection des cultures, faite par Serge GRIMAUD, Conseiller à la Chambre d’Agriculture.